Torsion de l’ovaire : une urgence chirurgicale à ne jamais sous-estimer

Arthur

Parmi les urgences gynécologiques, la torsion de l’ovaire, aussi appelée torsion annexielle, fait partie de celles où chaque heure compte. Contrairement à d’autres pathologies gynécologiques qui laissent le temps de la réflexion, celle-ci impose une décision rapide. Voici ce qu’elle est, pourquoi elle survient, et comment elle est prise en charge au bloc opératoire.

Qu’est-ce qu’une torsion de l’ovaire

La torsion annexielle correspond à une rotation de l’ovaire, parfois entraînant la trompe de Fallope avec lui, autour de son pédicule vasculaire. Cette rotation comprime les vaisseaux qui irriguent l’ovaire. Le sang n’arrive plus correctement, les tissus commencent à souffrir, et si rien n’est fait, l’ovaire peut nécroser. C’est cette mécanique simple qui explique pourquoi cette pathologie est considérée comme une urgence chirurgicale à part entière, au même titre qu’une appendicite ou une grossesse extra-utérine.

Elle touche principalement les femmes en âge de procréer, entre 20 et 40 ans, mais elle peut survenir à tout âge, y compris chez l’adolescente ou après la ménopause.

Pourquoi l’ovaire se tord

Dans la grande majorité des cas, la torsion se produit sur un ovaire dont le volume a augmenté, ce qui déséquilibre son axe de rotation naturel. La cause la plus fréquente reste de loin la présence d’un kyste ovarien, surtout lorsqu’il dépasse un certain diamètre.

D’autres situations augmentent le risque : une grossesse, en particulier au premier trimestre, une stimulation ovarienne dans le cadre d’un parcours de fertilité, ou des antécédents de chirurgie pelvienne qui modifient l’anatomie et la mobilité de l’ovaire. C’est souvent devant un kyste déjà repéré à l’échographie que la surveillance du risque de torsion est la plus étroite, car c’est lui qui, en grossissant, fait basculer l’ovaire.

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Les symptômes qui doivent alerter

La torsion ovarienne se manifeste presque toujours de la même façon : une douleur pelvienne brutale, intense, unilatérale, qui apparaît sans prévenir, souvent décrite comme un coup de poignard, très différente d’une gêne progressive. Elle s’accompagne fréquemment de nausées et de vomissements, ce qui pousse parfois à tort vers une piste digestive plutôt que gynécologique.

C’est précisément ce piège qui rend le diagnostic difficile : la torsion peut être confondue avec une appendicite, une infection urinaire ou une simple crise digestive. Une douleur pelvienne aiguë et soudaine, surtout chez une femme ayant un kyste ovarien connu ou en cours de traitement de fertilité, doit toujours faire évoquer cette possibilité et conduire à une consultation en urgence.

Comment le diagnostic est posé

Le premier examen demandé est une échographie pelvienne avec doppler couleur. Elle permet de visualiser l’ovaire, d’évaluer sa taille, et surtout de vérifier si le flux sanguin qui l’irrigue est présent, diminué ou absent. Un ovaire augmenté de volume avec une vascularisation altérée est un signal fort en faveur du diagnostic.

Dans certains cas, l’imagerie reste ambiguë. Quand le doute persiste face à un tableau clinique évocateur, une exploration chirurgicale directe est proposée sans attendre, car attendre une confirmation parfaite fait perdre un temps que l’ovaire ne peut pas toujours se permettre.

La prise en charge chirurgicale

Une fois le diagnostic posé ou fortement suspecté, l’intervention a lieu le plus rapidement possible, idéalement dans les six heures suivant l’apparition des symptômes, pour maximiser les chances de préserver l’ovaire. La cœlioscopie est systématiquement privilégiée : cette technique mini-invasive permet de détordre l’ovaire et de rétablir sa circulation sanguine sans large ouverture de l’abdomen.

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L’aspect de l’ovaire pendant l’intervention n’est pas toujours un bon indicateur de sa capacité à récupérer. Un ovaire qui paraît sombre ou congestionné au moment de la détorsion peut très bien retrouver une couleur et une fonction normales dans les jours qui suivent. C’est pour cette raison que la conservation de l’ovaire reste toujours privilégiée quand elle est possible, l’ablation, l’annexectomie, n’étant envisagée que lorsque les tissus sont manifestement nécrosés et non viables.

Peut-on prévenir une torsion de l’ovaire

Il n’existe pas de moyen de prévenir une torsion à coup sûr, mais un suivi gynécologique régulier est recommandé, en particulier en présence d’un kyste ovarien déjà identifié. Une surveillance échographique permet de repérer une augmentation de volume avant qu’elle ne devienne un facteur de risque significatif. Les causes, les types de kystes et leur prise en charge sont détaillés dans cet article consacré aux kystes ovariens. Chez les patientes suivies pour une stimulation ovarienne, ce suivi est encore plus rapproché, car le risque y est plus élevé.

Face à une douleur pelvienne brutale et intense, mieux vaut ne jamais attendre pour consulter : le pronostic de l’ovaire, et parfois la fertilité future, dépendent directement de la rapidité de la prise en charge.

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