Augmentation mammaire par implants : les questions à poser avant de se décider

Arthur

L’augmentation mammaire est l’une des interventions de chirurgie esthétique les plus pratiquées en France. Selon les chiffres de l’ISAPS (International Society of Aesthetic Plastic Surgery), elle figure chaque année dans le top 5 mondial, toutes chirurgies esthétiques confondues. Mais derrière cette banalisation apparente, il s’agit d’une vraie chirurgie, avec une anesthésie générale, une incision, une prothèse implantée dans le corps et tout ce que ça implique en matière de suivi, de risques et de choix techniques.

Trop de patientes arrivent en consultation avec des idées très précises sur le volume souhaité, mais floues sur le reste. Or c’est justement « le reste » qui détermine la qualité du résultat à long terme.

Choisir son chirurgien : au-delà de la réputation

Le premier critère n’est pas le tarif ni le nombre d’abonnés Instagram du praticien. C’est sa qualification. En France, seuls les chirurgiens inscrits au Conseil de l’Ordre et titulaires d’un DESC de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique (ou équivalent) sont légalement habilités à pratiquer une augmentation mammaire. Vérifier cette qualification est possible en quelques clics sur le site du Conseil National de l’Ordre des Médecins.

Au-delà du diplôme, ce qui fait la différence, c’est la capacité du chirurgien à écouter, à dire non quand la demande n’est pas réaliste, et à expliquer clairement les limites de l’intervention. Un praticien comme le Docteur Koutsomanis, qui exerce à Paris et se consacre à la chirurgie mammaire, consacre un temps de consultation long précisément pour cette raison : le projet doit être mûri, pas précipité.

Ce que la consultation préopératoire doit couvrir

Un premier rendez-vous sérieux dure rarement moins de trente minutes. Si le chirurgien expédie l’entretien en dix minutes et vous remet un devis, c’est un signal d’alarme.

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Voici ce qui devrait être abordé, au minimum :

Le type d’implant. Gel de silicone cohésif, forme ronde ou anatomique, enveloppe lisse ou microtexturée, projection modérée ou haute chaque paramètre influence le rendu final. Depuis la décision de l’ANSM en avril 2019, les implants macrotexturés et ceux recouverts de polyuréthane sont interdits en France, en raison d’un risque accru de lymphome anaplasique à grandes cellules (LAGC-AIM). Les prothèses aujourd’hui disponibles sur le marché français sont à enveloppe lisse ou microtexturée, avec un gel hautement cohésif qui ne migre pas en cas de rupture. Pour comprendre les évolutions récentes sur ce sujet, notre dossier sur les implants mammaires modernes détaille les différentes technologies disponibles.

Le positionnement de la prothèse. Devant le muscle pectoral (prépectoral), derrière (rétropectoral) ou en dual plan un compromis entre les deux. Le choix dépend de l’épaisseur des tissus mammaires, de la corpulence de la patiente et de l’activité sportive pratiquée. Une femme très mince avec peu de glande mammaire n’aura pas les mêmes options qu’une patiente avec une couverture tissulaire suffisante.

La voie d’abord. L’incision peut être péri-aréolaire (autour de l’aréole), sous-mammaire (dans le sillon sous le sein) ou axillaire (sous l’aisselle). Chacune a ses avantages et ses inconvénients en termes de cicatrice, d’accès chirurgical et de risque de perte de sensibilité.

Le volume. C’est souvent la première question que posent les patientes. Mais le volume ne se choisit pas sur catalogue. Il se détermine en fonction de la base thoracique, de l’élasticité cutanée, de la quantité de glande existante et du résultat souhaité. Un bon chirurgien vous proposera des essayages avec des implants d’essai en consultation, voire une simulation 3D, plutôt que de vous demander simplement « quel bonnet voulez-vous ? ».

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Les risques dont on parle moins

Toute chirurgie comporte des risques. L’honnêteté du chirurgien se mesure aussi à sa capacité à les exposer sans les minimiser.

La contracture capsulaire est la complication la plus fréquente à moyen terme : l’organisme forme une coque fibreuse autour de l’implant, qui peut durcir le sein et déformer le résultat. Les prothèses de dernière génération ont réduit ce risque, mais ne l’ont pas éliminé.

Le LAGC-AIM, mentionné plus haut, reste un événement rare. Selon les dernières données publiques de l’ANSM (janvier 2023), 103 cas avaient été déclarés en France pour environ 500 000 femmes porteuses d’implants un chiffre qui a vraisemblablement évolué depuis. Mais le risque existe, et toute patiente doit en être informée avant l’opération. Le pronostic est favorable dans la grande majorité des cas lorsque le diagnostic est posé tôt.

Enfin, il faut garder à l’esprit qu’un implant mammaire n’est pas posé à vie. La durée de vie moyenne se situe aujourd’hui entre 15 et 20 ans. Un remplacement sera probablement nécessaire à un moment donné, et c’est un paramètre à intégrer dès la décision initiale.

Le délai de réflexion : une obligation légale, pas une formalité

La loi impose un délai minimum de 15 jours entre la consultation et l’intervention pour toute chirurgie esthétique. Ce n’est pas un caprice administratif. C’est le temps nécessaire pour relire le devis détaillé, poser les questions qui viennent après coup, demander un deuxième avis si besoin.

Les patientes qui consultent un spécialiste de l’augmentation mammaire avec implants à Paris ont tout intérêt à utiliser ce délai pleinement. Une décision mûrie donne presque toujours un meilleur résultat qu’une décision impulsive y compris sur le plan de la satisfaction post-opératoire.

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Après l’opération : ce qu’on attend vraiment de la récupération

Les premiers jours sont marqués par un œdème, une sensation de tension thoracique et une gêne à la mobilisation des bras. Le port d’un soutien-gorge de contention est prescrit pendant quatre à six semaines. La reprise d’une activité sédentaire est généralement possible au bout d’une semaine ; le sport, après six semaines minimum.

Le résultat définitif ne s’apprécie pas avant trois à six mois. Les implants ont besoin de temps pour descendre dans leur loge et prendre leur forme finale. Beaucoup de patientes traversent une phase d’inquiétude à un mois post-opératoire, où le résultat leur paraît trop haut ou trop figé c’est normal.

Le suivi post-opératoire ne s’arrête pas à la cicatrisation. Un examen clinique annuel est recommandé, et une imagerie (échographie ou IRM) peut être prescrite en cas de doute sur l’intégrité de l’implant, en particulier après dix ans.

Un choix qui mérite du temps

L’augmentation mammaire par implants donne d’excellents résultats quand elle est bien préparée. Ça suppose un chirurgien qualifié, une consultation approfondie, un choix technique adapté à chaque morphologie, et une patiente qui a eu le temps de poser toutes ses questions. Le reste la taille du bonnet, la marque de l’implant vient après.

Source : ANSM Surveillance de marché des implants mammaires, mise à jour janvier 2023. ansm.sante.fr

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